La gestion hygiénique des menstrues (GHM) suppose en effet que les femmes et les adolescentes utilisent du matériel propre pour absorber ou recueillir le sang menstruel, qu’elles puissent se changer dans l’intimité et aussi souvent selon la nécessité pour toute la durée des menstrues. La GHM suppose que les filles comprennent les faits basiques liés au cycle menstruel et comment le gérer avec dignité et sans se sentir gênées et sans avoir peur.
Défis de la gestion des menstrues :
Les défis d’ordre biologique
Des facteurs d’ordre biologiques ont un impact sur la vie des filles. Ce sont : le sang, la durée des menstrues, l’écoulement intense des règles, les douleurs.
•Le sang : il est ennuyant pour la fille et sa seule présence fait qu’elle peut être distante de ses camarades car elle pense qu’elle est sale et dégage une odeur.
•La durée des menstrues : la durée des règles (4 à 5 voire 10 jours) fait que les filles sont limitées dans leurs activités pendant cette période.
•L’écoulement abondant des règles : il constitue un handicap pour la jeune fille. Il empêche ou ne permet pas à la fille de faire les exercices physiques et sportifs ; ces exercices peuvent même être à l’origine d’un écoulement abondant du sang. Pendant cette période la fille ne se sent pas à l’aise dans sa tenue de sport (la culotte) ; elle n’aime pas courir ou tout simplement faire des mouvements par crainte qu’on ne remarque la couche à travers la culotte ou que la couche ne tombe ou encore qu’elle-même ne se salisse.
L’écoulement abondant amène également la fille à vouloir changer régulièrement de serviettes autrement, elle court le risque de se salir.
•Les douleurs : Les menstrues sont à l’origine de certaines douleurs chez les filles. Ces douleurs peuvent être au niveau de l’abdomen, des seins, des hanches et des articulations, de la tête. Elles peuvent aussi avoir des malaises comme la fièvre, les nausées, les vomissements et/ou la perte d’appétit. Ces douleurs empêchent également la participation active des filles aux différentes activités contrairement aux garçons qui n’ont pas ces contraintes et qui poursuivent tranquillement ces activités.
•La survenue des prochaines règles : La fille n’arrive pas à situer la date des prochaines règles ; elle est donc toujours stressée à l’approche des règles car celles-ci peuvent la surprendre à tout moment. A l’approche des règles, plusieurs d’entre elles surchargent les sous-vêtements et vêtements, d’autres portent des serviettes avant de venir à l’école ou des vêtements lourds ou de couleur sombre.
Les défis d’ordre psychologique
La période des menstrues peut être marquée par des problèmes tels que la honte, la gêne, le tabou, la peur, le stress pour la jeune fille, des absences à l'école et une souffrance en silence due au manque d'installations et de produits appropriés. Bien souvent, une telle expérience marque profondément l'esprit des jeunes filles et renforce la stigmatisation sociale. Elle doit permanemment faire attention à elle pour ne pas se salir. Elle devient alors calme pendant cette période puisqu’elle ne veut pas que ses camarades encore moins les garçons sachent qu’elle est en règles. Elle refuse de s’approcher de ses camarades et même de jouer avec eux ; elle n’est donc pas épanouie en ce moment-là. Et c’est tout simplement une forme de discrimination que de stigmatiser ces filles qui n’ont d’autres solutions pendant les menstrues que de s’isoler.
Les défis liés à la culture
Les menstruations sont un élément naturel de l’existence humaine. Malheureusement, certaines croyances culturelles autour des menstruations renforcent les inégalités de genre et ont un impact négatif sur la dignité, la santé et l’éducation des filles. Elles demeurent un sujet tabou dans de nombreuses sociétés. Les menstruations ne sont pas seulement un sous-thème au sein du secteur eau hygiène et assainissement (WASH) mais une question de droits de l’homme qui affecte, chaque mois, la vie de près de 26% de la population mondiale (les femmes en âge de procréer (FAP), comme cela a été souligné par Catarina De Albuquerque, Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’eau et à l’assainissement (2013).
Les interdits et croyances culturelles négatives leur sont encore associées dont les principaux se résument comme suit :
- Les serviettes hygiéniques ne doivent pas être étalées au vu et au su de tout le monde de peur qu’on s’en serve pour te « waker » (jeter un mauvais sort) et te rendre stérile ;
- Chez les musulmans, il n’y a pas de prière ni de jeûne pour la fille ou la femme en période de menstrues ;
- La découverte de la période de menstruation d’une fille par un garçon peut augmenter la durée des règles ;
- Le séchage des morceaux de pagne se fait dans un endroit caché de la maison loin de la vue des autres et recouvert de pagne ;
- boire du dolo pendant les règles fait couler davantage le sang.
Les femmes et filles en période de menstruation sont encore souvent considérées comme «sales» ou «impures», ce qui peut aboutir à des situations d’isolement forcé, de mobilité réduite et de restrictions alimentaires. Egalement, les femmes et les filles en période de menstruation peuvent être exclues de la participation aux activités sociales quotidiennes.
Les défis liés à l’environnement des filles
Généralement, les latrines existent dans les établissements scolaireset les autres cadres d’évolution des filles notamment les marchés, les lieux de réjouissances, les camps des PDI etc. mais parfois elles ne sont pas séparées en filles / garçons. Aussi, elles sont le plus souvent mal entretenues, par conséquent ne permettant pas à la fille d’y faire sa toilette. En plus d’être sales, certaines latrines manquent de portes et/ou de clés pour être fermées convenablement et dégagent des odeurs.
Dans les toilettes, il n’existe pas d’eau, de savon, de seau, de bouilloire pour permettre à la fille de prendre un bain ou de faire un minimum de toilette. Il n’existe pas non plus de serviettes hygiéniques dans ces différents lieux. Ce sont là autant de raisons qui poussent les filles à retourner faire leur toilette à la maison ou tout simplement à y rester. En ce moment la fille n’est plus tranquille en classe ou dans son lieu de travail.Ce qui pourrait jouer sur sa performance scolaire ou sur son revenu pour celle active
La gestion des règles n’est donc pas chose aisée chez les filles, qu’elles soient scolarisées ou non, car les conditionsne sont pas réunies dans leurs différents cadres pour une gestion saine.
Par ailleurs, on note une insuffisance d’infirmeries aussi bien au niveau scolaire que dans les espaces sociaux pour la gestion des problèmes sanitaires liées aux menstrues (dysménorrhée)
L’intérieur (c'est-à-dire le morceau de laine ou de coton) doit être lavé chaque fois que vous le retirez. L’extérieur (c'est-à-dire le pagne) doit être lavé chaque jour.
Conseils :
A la fin des règles laver et faire bouillir et faire sécher au soleil tous les morceaux et ranger dans un lieu propre et sûr.
Pour les serviettes à usage unique, il est possible de les jeter dans des latrines adaptées (avec système d’évacuation) ou les emballer et les jeter dans des poubelles à l’abri des enfants, ou tout simplement les brûler.
Hygiène menstruelle
Chez la fille, la toilette intime doit se faire de façon simple et rigoureuse avec de l’eau. Elle se fait au niveau de la partie externe d’avant en arrière et finir par la région anale, pour éviter le passage des germes de l’anus vers le vagin. En outre, il faut éviter de mettre les doigts dans le vagin, d’utiliser des poires, des antiseptiques/savon agressif, des parfums.
a) L’hygiène des sous-vêtements
- Il faut utiliser des slips en coton ou à fond de coton et pas trop serrés.
- Changer quotidiennement les slips au moins deux fois par jour
- Eviter l’usage intempestif de détergents.
- Eviter de porter les sous-vêtements mouillés
- Rincer à grande eau le linge et bien le sécher au soleil.
- Remplacer de temps en temps les collants ou pantalons par des vêtements plus aérés (pagnes, jupes, grand boubou…)
b) Pendant les règles
- Utiliser des serviettes hygiéniques (à usage unique ou réutilisable) propres et les changer très souvent.
- Ne pas oublier de changer de temps en temps les serviettes hygiéniques. Il faudrait changer la serviette hygiénique toutes les 2-6 heures au plus. S’assurer d’utiliser une serviette hygiénique (coton ou tissu) qui absorbe le minimum nécessaire en fonction du propre flux.
- Changer régulièrement les morceaux de tissus, les laver proprement et les sécher au soleil
- Faire sa toilette intime une à deux fois par jour uniquement avec de l’eau potable
3.4 Mythes et réalité autour des menstrues
Si une femme n'a pas eu ses menstrues, cela signifie qu'elle est forcément enceinte (mythe) : elle peut avoir un cycle irrégulier, ou elle peut ne pas voir ses règles à cause du type de contraception qu’elle utilise.
Si la femme en période de menstruation tresse une autre femme, celle-ci perdra ses cheveux. (Mythe) : ceci n’est pas vrai.
Toutes les femmes ont leurs premières menstrues avant l'âge de 13 ans (mythe) : certaines filles les auront avant ou après l'âge de 13 ans.
Les albinos et les enfants maudits sont le fruit de rapports sexuels durant la période des menstruations. (mythe): avoir des rapports sexuel pendant les menstrues n’augmente pas la chance de concevoir un bébé albinos. C’est déterminé par les gènes.
Les serviettes hygiéniques réduisent la fertilité et provoquent des maladies. (Mythe) : Quand on les utilise comme prescrit, donc en les changeant tous les 2-6 heures, il n’y a pas de risque d’infection.
Les crampes ou douleurs menstruelles pendant une période indiquent que quelque chose va très mal (mythe).
Les femmes qui ont leurs menstrues doivent rester au lit, ou éviter toute activité physique intense (mythe).
Les exercices physiques peuvent aider à atténuer les douleurs des menstrues ; ils n'empireront pas la douleur (réalité).
Les femmes ne sont pas plus faibles au cours de leurs périodes menstruelles, sauf si elles ont une anémie, qui est causée par une perte anormale de sang pendant la menstruation. (réalité)
Pendant les premiers mois après qu'une fille a eu ses menstrues, il est normal qu'elle ait un cycle irrégulier (réalité).
Il est normal que la période des menstrues d'une femme dure 1 à 6 jours (réalité).
Beaucoup de filles et femmes n'ont pas de problème lors de leurs menstruations (réalité).
Les femmes qui ont leurs menstrues peuvent prendre facilement froid et doivent éviter l'eau froide ou les boissons glacées (mythe).
Les femmes sont toujours de mauvaise humeur et irrationnelles pendant la menstruation (mythe).
Avoir des rapports sexuels peut être un remède pour les règles douloureuses (mythe).
Avoir des rapports sexuels en période de menstrues peut donner plus de chance d’avoir de l’argent/or (mythe)