CIVISME ET CITOYENNETE


ATBEF e-learning cours

Objectif d’apprentissage

À la fin de cette session, tu seras capable de connaitre et mieux faire respecter tes droits en général et en particulier tes droits sexuelsen t’appuyant sur les textes qui les protègent que ce soit au niveau national ou international.

Objectifs d’appui

🔹 Comprendre ce que sont les droits humains et les droits sexuels
🔹 Identifier les besoins sexuels d’un individu, dans toute leur diversité
🔹 Citer les principaux droits liés à la sexualité et à la dignité humaine, reconnus dans les lois et conventions

Définition des concepts

🔹 Homme

C’est un mot qui désigne toute personne humaine : fille, garçon, femme, homme, personne non-binaire, enfant… peu importe ton genre, ton âge ou ton origine. En gros, si tu fais partie de l’espèce humaine (Homo sapiens), tu es un Homme au sens universel du terme. 

🔹 Droit
Un droit, c’est une règle ou une liberté reconnue à chaque personne pour lui permettre de vivre libre, protégée et digne. Les droits dépendent parfois de la culture ou du pays, mais il y a aussi des droits qui sont universels.

🔹 Droits de l’Homme
Ce sont les droits fondamentaux de tous les êtres humains, peu importe leur nationalité, leur genre, leur religion, leur langue, leur origine ou toute autre condition.


Ils garantissent :
✅ la liberté
✅ le respect
✅ la dignité
✅ le bien-être
pour que chacune puisse s’épanouir pleinement.

👉 Leur principe de base : chaque personne a de la valeur, mérite d’être respectée et doit pouvoir faire ses propres choix.

📘 Ces droits sont universels, donc valables pour tout le monde, partout.

Ils incluent le droit :

  • d’aller à l’école 
  • de choisir son travail ou son/sa partenaire 
  • de ne pas subir de violence 
  • de voyager librement 
  • de se reposer et de se divertir aussi 

👉 Ils sont inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et dans la CDE (Convention relative aux droits de l’enfant). Il y a 30 droits reconnus pour chaque être humain. Et toi aussi, tu y as droit. 

Caractéristiques et exemple de droits de l'homme

🔑 Ce qu’il faut retenir sur les droits de l’Homme :

🔍 Les grandes caractéristiques des droits de l’Homme

🟡 Les droits de l’Homme sont fondés sur le respect de la dignité humaine et de la valeur de chaque personne : chaque être humain est important, mérite le respect et doit être traité avec justice. Personne ne devrait être rabaissé, humilié ou exclu.

🟡 Les droits de l’Homme sont universels : Ils concernent tout le monde, partout dans le monde. Peu importe ton genre, ta religion, ta couleur de peau, ton origine ou ton âge : tu as les mêmes droits que les autres.

🟡 Les droits de l’Homme sont inaliénables : Ils te sont propres, tu ne peux pas les perdre, les vendre ou les donner. Même si tu enfreins la loi, tu gardes tes droits fondamentaux. Seule une décision juste d’un tribunal peut limiter certains droits dans des cas très précis (par exemple, le droit à la liberté si une personne est condamnée).

🟡 Les droits de l’Homme sont indivisibles, interdépendants et solidaires : On ne peut pas choisir les droits "les plus importants" et négliger les autres. Ils fonctionnent tous ensemble : si un seul droit est bafoué, ça met en danger tous les autres. C’est comme une équipe : si un membre souffre, c’est toute l’équipe qui perd.

📌 Exemples de droits de l’Homme (civils et politiques)

  • Le droit à la vie
  • Le droit de ne pas être soumise à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
  • Le droit de ne pas être tenue en esclavage ni en servitude, ni soumise aux travaux forcés
  • Le droit à la liberté et à la sécurité de la personne
  • Le droit des personnes détenues d’être traitées avec humanité
  • La liberté de circulation
  • Le droit à un procès équitable
  • L’interdiction de lois pénales rétroactives
  • Le droit à être reconnue comme une personne devant la loi
  • Le droit à la vie privée
  • La liberté de pensée, de conscience et de religion
  • La liberté d’opinion et d’expression
  • L’interdiction de toute propagande en faveur de la guerre ou d’incitation à la haine (nationale, raciale, religieuse…)
  • La liberté de réunion
  • La liberté d’association
  • Le droit de se marier ou non et de fonder une famille ou non
  • Le droit de participer à la gestion des affaires publiques, de voter, d’être élu·e et d’accéder aux fonctions publiques
  • Le droit à l’égalité devant la loi et à la non-discrimination

💡 Ces droits sont pour toi. Ils te protègent, t’autorisent à faire des choix, à vivre libre et respecté·e. Tu peux les défendre pour toi et pour les autres aussi. 

Quiz : 📝 Coche toutes les bonnes réponses à chaque question

Qui est concerné par le mot “Homme” dans “droits de l’Homme” ?


Comprendre la Santé et Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR)

« Comme les droits de l’homme, les droits sexuels sont une série de droits liés à la sexualité qui contribuent à la liberté, à l’égalité et à la dignité de toutes les personnes. Le point de vue du monde sur la sexualité ne cesse d’évoluer, et par conséquent, les droits sexuels poursuivent eux aussi leur évolution. » Extrait de la Déclaration de l’IPPF (Fédération Internationale pour la Planification Familiale) sur les Droits Sexuels.

A. Déclaration de l’IPPF (Fédération Internationale pour la Planification Familiale) sur les Droits Sexuels

  • Article 1. Le droit à l’égalité, à l’égale protection devant la loi et à n’être soumis à aucune discrimination sur la base de son sexe, sa sexualité ou son genre.

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en liberté et en droits et doivent jouir d’une protection juridique égale contre les discriminations basées sur leur sexualité, leur sexe ou leur genre.

  • Article 2. Le droit à la participation de tous, sans distinction de sexe, de sexualité ou de genre

Toute personne a droit à un environnement qui lui permet de contribuer et de participer de façon active, libre et riche de sens aux aspects civils, économiques, sociaux, culturels et politiques de la vie humaine, à l’échelon local, national et international – participation et contribution grâce auxquelles les droits humains et libertés fondamentales peuvent être réalisés.

  • Article 3. Le droit à la vie, la liberté, la sécurité de la personne et à l’intégrité corporelle

Toute personne a droit à la vie, à la liberté et le droit de ne pas être soumise à la torture ni à des traitements cruels, inhumains et dégradants, dans tous les cas et en particulier pour des raisons discriminatoires prohibées ; toute personne a aussi le droit d’exercer sa sexualité sans être soumise à des violences quelconques ou à la coercition.

  • Article 4. Le droit au respect de la vie privée

Toute personne a le droit de ne pas subir d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile, ses documents ou sa correspondance ; toute personne a le droit au respect de sa vie privée, ce qui est essentiel à l’exercice de son autonomie sexuelle.

  • Article 5. Le droit à l’autonomie et à la reconnaissance devant la loi

Toute personne a le droit d’être reconnue devant la loi et à la liberté sexuelle, ce qui implique l’opportunité pour chacun d’exercer le contrôle et de décider librement de ce qui touche à sa sexualité, de choisir ses partenaires sexuels, de rechercher à atteindre son plein potentiel et plaisir sexuels, ce dans un contexte non discriminatoire et en tenant pleinement compte des droits d’autrui et des capacités évolutives de l’enfant.    

  • Article 6. Le droit a la liberté de penser, d’opinion et d’expression ; et le droit à la liberté d’association

Toute personne a le droit d’exercer sa liberté de pensée, d’opinion et d’expression en matière de sexualité, d’orientation sexuelle, d’identité de genre et de droit sexuels, sans intrusions arbitraires ou de limitations fondées sur des croyances culturelles ou l’idéologie politique dominante, ou sur des notions discriminatoires d’ordre public, de moralité publique, de santé publique ou de sécurité publique.

  • Article 7. Le droit à la santé et de bénéficier des progrès de la science

Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre, ce qui comprend les déterminants sous-jacents à la santé et l’accès aux soins de santé sexuelle pour la prévention, le diagnostic et le traitement de toute prévention, problème ou pathologies sexuels.    

  • Article 8. Le droit à l’éducation et à l’information

Toute personne, sans discrimination aucune, a droit à l’éducation et à l’information nécessaire, utiles à l’exercice de sa citoyenneté dans les sphères privées, publiques et politiques.

  • Article 9. Le droit de choisir de se marier ou non, et de fonder et planifier une famille, et de décider d’avoir ou non des enfants, quand et comment

Toute personne a le droit de choisir de se marier ou non, de fonder ou non une famille, de décider d’avoir ou non des enfants, de décider librement et en toute responsabilité du nombre de ses enfants et de l’espacement des naissances, et ce dans un environnement où les lois et politiques reconnaissent la diversité des formes de famille, y compris celles non définies par la descendance ou le mariage.

  • Article 10. Responsabilité et la réparation

Toute personne a droit à des mesures et recours éducatifs, législatifs, judiciaires et autres, qui sont efficaces, adéquats, accessibles et appropriés afin de veiller et d’exiger que ceux qui ont le devoir de faire respecter les droits sexuels leur soient comptables. Ceci implique la capacité à veiller à l’application des droits sexuels et à l’accès à une réparation pleine et entière par restitution, compensation, réhabilitation, satisfaction, garantie de non-répétition et tout autre moyen.

B. Droits en Santé de la Reproduction au  Burkina Faso

Cadre juridique et politique de la SSR au Burkina Faso

Cadre juridique

Les instruments juridiques internationaux relatifs à la sante sexuelle et reproductive

Les instruments juridiques de portée générale

La Charte des Nations Unies (CNU)

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH)

Le Pacte International relatif aux droits civils et politiques

Le Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et culturels

La Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)

La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE)

 

Les instruments internationaux juridiques spécifiques à la SSR

La Convention n°3 de l’OIT relative à la protection de la maternité,

Le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique

La charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADE)

1.3.1.2 Les instruments juridiques nationaux

Les instruments juridiques de portée générale

La Constitution

La constitution du Burkina Faso a été adoptée par Référendum le 11 juin 1991. Elle protège les droits SSR de tous les citoyens sans exception. Elle garantit notamment :

la protection de la vie, la sûreté et l’intégrité physique (art. 2r) ;

la liberté de choix du conjoint (art.23 al 2), excluant le mariage forcé ;

le droit à la santé (art.26).

 

Le Code de santé publique

Le titre 2 de la loi n°23/94 ADP du 9 mai 1994 instituant le code de la santé est consacré à la santé maternelle. La santé maternelle y est définie comme l’état de complet bien-être physique, mental et social de la femme en grossesse, de la mère et de l’enfant et vise à réduire la morbidité et la mortalité maternelles et infantiles, à promouvoir la santé de la reproduction ainsi que le développement physique et psychosocial de l’enfant dans le cadre de la famille.

Le code de santé publique autorise l’utilisation de toutes les techniques et méthodes de planification familiale, à l’exception de l’avortement provoqué ou interruption volontaire de grossesse.

L’avortement thérapeutique est autorisé dans les mêmes cas que ceux prévus par le code pénal sauf que le code de santé publique prévoit l’intervention de deux médecins au lieu de trois et non trois comme le prévoit le code pénal

Le Code du Travail (CT)

La loi 28-2008/AN du 13 mai 2008 portant code du travail au Burkina Faso (promulguée par le décret 2008-331 du 19 juin 2008) prévoit des conditions de travail adaptées à la situation spécifique des femmes et des enfants (art.142 et suivants). Ainsi, la femme salariée bénéficie entre autres d’un congé de maternité de quatorze semaines (art.145) et des heures d’allaitement (art 148). Il est interdit de licencier une femme en état de grossesse ou qui allaite (art. 147).

 Le Régime Juridique applicable aux Emplois et aux Agents de la Fonction Publique

Adopté par la loi n° 013-98/AM du 28 avril 1998, le régime juridique applicable aux fonctionnaires protège la maternité des femmes et interdit de licencier une femme en état de grossesse ou qui allaite. Il lui est également reconnu le congé de maternité et des heures d’allaitement.

Le code des personnes et de la famille (CPF)

Depuis l’adoption du code des personnes et de la famille en novembre 1989, son entrée en vigueur le 04 août 1990, la situation juridique de la femme surtout dans le domaine de la SSR s’est améliorée.

En effet, la femme acquiert la personnalité juridique et peut désormais discuter, aborder avec son mari des questions intéressant la vie de la famille telles que le choix de la forme de mariage (monogamie-polygamie, nombre d’enfants, espacement des naissances, éducation des enfants, etc.)

Le mariage repose désormais sur le consentement libre et éclairé de l'homme et de la femme, de se prendre pour époux (Art. 234.) ; ce qui exclut les mariages forcés et le lévirat, les empêchements et les oppositions au mariage en raison de la race, de la caste, de la couleur ou de la religion.

Enfin, il est fixé un âge minimum pour le mariage afin de lutter contre les mariages précoces.

Le code pénal (CP)

Loi 025-2018/AN portant Code pénal, dispose en son article 531-4 que : « Est puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à deux ans, quiconque contraint une personne au mariage. La peine est un emprisonnement de un à trois ans si la victime est mineure. Le maximum de la peine est encouru si la victime est âgée de moins de treize ans. Quiconque contracte ou favorise un mariage dans de telles conditions est considéré comme complice. » ; 

le détournement de mineur ou rapt, constitue une infraction qui est punie par le Code Pénal en son article 513-2 : «Est puni d’une peine d’emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) à un million (1 000 000) de francs CFA, tout auteur de rapt. Lorsque l’auteur du rapt s’est livré à des sévices sexuels ou à un viol sur la victime, la peine est un emprisonnement de cinq ans à dix ans et d’une amende de un million (1 000 000) à cinq millions (5 000 000) de francs CFA. » ; 

il en est de même pour la séquestration prévue à l’article 523-1, en ces termes : « Est puni d’une peine d’emprisonnement de cinq ans à dix ans et d’une amende de cinq cent mille (500 000) à un million (1 000 000) de francs CFA, quiconque, sans ordre des autorités constituées et hors les cas où la loi le permet ou l’ordonne, enlève, arrête, détient, séquestre une personne ou prête en connaissance de cause un lieu pour détenir ou séquestrer une personne.

Si la détention ou la séquestration dure plus de un mois, la peine est un emprisonnement de onze ans à vingt et un ans et d’une amende de un million (1 000 000) à cinq millions (5 000 000) de francs CFA ».  Ce même code punit en son article 533-14 d’une peine d’emprisonnement de cinq ans à dix ans et d’une amende de neuf cent mille (900 000) à cinq millions (5 000 000) de francs CFA, le fait pour une personne de l’enseignement ou de tout système éducatif, d’avoir une relation sexuelle avec un élève, apprenti ou stagiaire mineur de l’un ou de l’autre sexe.

S’il résulte de cette relation sexuelle, la grossesse de l’élève, de l’apprentie ou de la stagiaire, la peine d’emprisonnement est de sept ans à dix ans et l’amende de trois millions (3 000 000) à six millions (6 000 000) de francs CFA. La juridiction saisie, peut en outre prononcer une interdiction d’exercer la profession d’enseignant ou de membre du système éducatif pour une période qui ne peut excéder cinq ans. ».

En outre l’article 532-12 prévoit que : « Est puni d’une peine d’emprisonnement de deux mois à six mois et d’une amende de trois cent mille (300 000) à un million cinq cent mille (1 500 000) francs CFA, toute personne coupable d’exclusion du milieu familial à l’égard d’une fille enceinte ou qui refuse un mariage forcé. »

 

Les instruments juridiques nationaux spécifiques sur la SSR

La loi portant santé de la reproduction au Burkina Faso

La loi n° 049-2005/AN du 21 décembre 2005 portant Santé de la Reproduction définit les composantes et détermine les droits des citoyens à jouir d’une meilleure santé sexuelle et reproductive à égalité. Elle comprend quatre (4) chapitres et vingt-quatre (24) articles.

En tant que loi spécifique elle :

-      pose le principe de l’égalité en droits et en dignité de tous les individus en matière de santé sexuelle et reproductive ;

-       fixe les droits et les devoirs de chacun face à la santé sexuelle et reproductive.

-       confirme l’interdiction de l’interruption volontaire de grossesse  telle que l’avait prévue le code pénal ainsi que les  cas d’exceptions que sont : le viol, l’inceste ou le péril de la mère ou de l’enfant à naitre) ;

-       interdit les violences sexuelles, physiques,  l’exploitation sexuelle, la publicité mensongère, la diffusion d’images nuisibles à la SR ;

-       fait obligation à toute personne connaissant sa situation sérologique de s’abstenir de relations sexuelles non protégées sous peine de sanctions pénales.

 Loi sur le VIH/SIDA

La question du VIH/Sida n’ayant pas été suffisamment prise en compte dans la loi sur la SR, une loi spécifique a été votée en 2008. Il s’agit de la loi n°030-2008/AN du 20 mai 2008 portant lutte contre le VIH/SIDA et protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Elle a pour but de renforcer la lutte contre le VIH/SIDA et de promouvoir les mesures de protection des personnes en matière du VIH/SIDA, notamment les personnes vivant avec le VIH/SIDA, les prestataires des services de santé, les personnes affectées par le VIH/SIDA, les personnes vulnérables au VIH/SIDA et, en général, la famille et la communauté.

L’article 20 de cette loi stipule que : « toute personne se  sachant infectée  par le VIH et qui  sciemment entretient des rapports  sexuels non protégés avec un ou une partenaire non informé(e) de son statut sérologique  même si celui-ci (celle-ci) est séropositif(séropositive), est coupable de crime de transmission volontaire de VIH et est punie conformément au code pénal ».

 

Décret portant sur la gratuité des soins

Le gouvernement du Burkina Faso a pris des dispositions pour faciliter l’accès des populations aux services de santé parmi lesquelles il y’a

Le décret n°2016 311PRES/PM/MS/ portant gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans vivant au Burkina Faso. Ce décret, en ses articles 1 et 2, stipule que les enfants, les jeunes filles bénéficient de la gratuité des soins.

Article1 : Il est institué une gratuité des soins au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq (5) ans sur toute l'étendue du territoire national.

Article 2 : Il est institué une gratuité du dépistage et de la prise en charge des cancers du col de l'utérus et du sein au profit des femmes sur toute l'étendue du territoire

le décret no 2019-0040 PRES/PM/MS portant gratuité des soins et des services de planification familiale au Burkina Faso.

Article1 : Il est institué la gratuité des soins et des services de planification familiale sur toute l’étendue du territoire national.

Article 2 : La gratuité de la planification familiale est mise en œuvre dans toutes les formations sanitaires publiques, par les agents de santé à base communautaires et les formations sanitaires privées conventionnées du Burkina Faso.

  •  

Notion du consentement sexuel

« Le consentement sexuel c’est quand deux personnes acceptent volontairement de participer ensemble à des actes sexuels. Le consentement n’est pas donné une fois de bon ou de façon définitive : il s’agit d’une discussion continuelle au sujet de quand et si une activité sexuelle aura lieu. Une personne a le droit de retirer son consentement sexuel à n’importe quel moment- même en plein acte sexuel ».

De cette définition, se dégage le « Le droit de décider d’avoir ou non des rapports sexuels et de quand avoir des rapports sexuels » qui est contenu dans les droits sexuels mais n’apparait pas de manière explicite dans la déclaration.

👉 Ce n’est pas un "oui" donné une fois pour toutes. C’est un accord qu’on peut donner, retirer ou modifier à tout moment.
Même en plein acte, une personne peut dire "stop" — et c’est son droit

Pourquoi c’est important ?

Parce que ton corps t’appartient. Tu as le droit de choisir ce que tu veux, avec qui, quand et comment. Ce droit fait partie de tes droits sexuels et ce n’est pas négociable.

Lorsqu’on parle de droits sexuels, il faut garder à l’esprit quatre principes essentiels :

  1. Autonomie : chaque individu doit être libre de tout contrôle et ingérence externe par rapport à sa santé sexuelle.
  2. Autorité : Chaque individu doit être libre de prendre des décisions concernant son corps, sa sexualité et sa reproduction.
  3. Accessibilité : Chaque personne doit avoir accès à des informations, à une éducation, et à des services de santé de bonne qualité.
  4.  Responsabilité : chaque individu doit rendre compte de tous ses actes, et rendre aussi compte en tant qu’adulte, des décisions prises par rapport à ses enfants.[2]

.💡 À retenir :

Pas de pression, pas de peur : le consentement doit être donné de façon libre.

🛑 Pas de consentement = pas de rapport. 

🔁 Le consentement est réversible : tu peux changer d’avis à tout moment.

🗣️ C’est une discussion, pas une obligation. On demande, on écoute, on respecte.


[1] Source : Déclaration des Droits Sexuels de l’IPPF (2008)

[2] Source : Janne Nordstedt, conseiller et facilitateur en éducation sexuelle, Cabinet Janne Nordstedt Consulting, Suède, 2010

CULTURE ET PRATIQUE Qu’est-ce que la culture ? 🌍

  • C’est tout ce que tu apprends et partages dans ta communauté : les langues, les vêtements, les croyances, les rites, les comportements.
  • C’est ce qui te différencie et te relie aux autres.
  • La culture est à la fois individuelle (ce que tu sais, ce que tu fais) et collective (les traditions de ton groupe).

Pourquoi on parle de culture dans la santé sexuelle et reproductive ? 🤔

Ta culture, c’est l’ensemble des traditions, croyances, comportements et valeurs que tu partages avec ton groupe. Elle façonne comment tu vois le monde, y compris ta sexualité et tes droits.

Parfois, ces traditions peuvent t’aider à te sentir bien et à être protégé·e. Parfois, elles peuvent limiter tes libertés ou ta santé, par exemple avec des mariages forcés, des tabous autour de la sexualité ou des pratiques dangereuses.

Connaître ta culture, c’est aussi pouvoir faire des choix éclairés, respecter tes droits et protéger ta santé

La culture façonne notre manière de penser, d’agir, et de comprendre nos valeurs.
Elle est essentielle pour se construire, prendre des décisions et vivre ensemble.

 

Le rôle de la culture dans ta vie

La culture permet de développer les facultés intellectuelles, le sens critique, le jugement et les comportements sociaux. Elle est la base qui forge notre identité et notre capacité à prendre des décisions. C’est aussi grâce à la culture que nous comprenons les valeurs et faisons des choix qui influencent notre vie personnelle et sociale.

 

 

CULTURE ET SOCIÉTÉ/VALEURS ET NORMES SOCIALES

 Généralités sur la culture et la société au Burkina Faso

 

Toute société humaine est dotée d’une culture spécifique, qui est le fruit de son histoire. L’idée de « culture » renvoie par conséquent à une diversité de mœurs, de croyances, de comportements qui se sont construits au sein de chaque société. Quelles définitions recouvrent les notions de culture et de société ?

  1. Définition des concepts

I.1.  Culture

 

Selon l’UNESCO (1982) « La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances[1]. »

I.2.  Patrimoine Culturel

Aux termes de la loi n°024-2007/AN du 13 novembre 2007, portant protection du patrimoine culturel au Burkina Faso, on entend par patrimoine culturel, l’ensemble des biens culturels, naturels, meubles, immeubles, immatériels, publics ou privés, religieux ou profanes dont la préservation ou la conservation présente un intérêt historique, artistique, scientifique, légendaire ou pittoresque.

I.3.   Diversité culturelle

Selon l’UNESCO, « la diversité culturelle » renvoie à la multiplicité des formes par lesquelles les cultures des groupes et des sociétés trouvent leur expression. Ces expressions se transmettent au sein des groupes et des sociétés et entre eux.

La diversité culturelle se manifeste non seulement dans les formes variées à travers lesquelles le patrimoine culturel de l’humanité est exprimé, enrichi et transmis grâce à la variété des expressions culturelles, mais aussi à travers divers modes de création artistique, de production, de diffusion, de distribution et de jouissance des expressions culturelles, quels que soient les moyens et les technologies utilisés. »

I.4.   Expressions culturelles

Les expressions culturelles sont les expressions qui résultent de la créativité des individus, des groupes et des sociétés, et qui ont un contenu culturel selon la convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles.

I.5.   Industries culturelles

Les industries culturelles renvoient aux industries produisant et distribuant des biens ou services culturels selon la convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

 

I.6. Patrimoine culturel immobilier

Le patrimoine culturel immobilier est l’ensemble des biens culturels qui, soit par nature, soit par destination, ne peuvent être déplacés sans dommage pour eux-mêmes et pour leur environnement ».

On distingue plusieurs types :         

  • Les sites : les sites historiques, archéologiques, les sites naturels, lieux de mémoire…
  • Les monuments : monuments, mausolées, mémoriaux, édifices exceptionnels, arbres célèbres…

Les paysages culturels : aménagements particuliers (agricoles, industriels, urbains), villages pittoresques

I.7. Le patrimoine culturel meuble

Le patrimoine culturel meuble est l’ensemble des biens meubles qui peuvent être déplacés sans dommage pour eux-mêmes et pour leur environnement.

Exemples : Sculptures, masques, poterie, etc.

I.8.  Patrimoine culturel immatériel

Selon l’UNESCO[2], on entend par “patrimoine culturel immatériel” les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.

  • Le “patrimoine culturel immatériel”, se manifeste notamment dans les domaines suivants :
    les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur du patrimoine culturel immatériel ;
  • les arts du spectacle;
  • les pratiques sociales, rituels et événements festifs;

Exemple 1: La cérémonie du faux-départ

L’une des traditions les plus respectées au Burkina est sûrement celle de la cérémonie du faux-départ. Elle a lieu tous les vendredis matin, au palais du Mogho Naba. C’est un rituel où les hauts dignitaires Mossis arrivent les uns à la suite des autres, en fonction d’un protocole, et procèdent aux salutations d’usage. Le Mogho Naba sort alors de son palais et se dirige vers son cheval, mimant un éventuel départ. Ses ministres et sujets se mettent alors à simuler des lamentations pour le supplier de ne pas s’en aller. Faisant mine d’hésiter, le Mogho Naba se ravise finalement et rejoint son palais d’où il ressort tout de blanc vêtu, sous les acclamations de la population. Cette cérémonie est un hommage à une partie de l’histoire des Mossis.

Exemple 2 : le système du trésor humain vivant

En décembre 2015, le Burkina Faso a proclamé dix-sept  Trésors Humains Vivants (THV). Quelques de THV sont : Konomba TRAORE qui a des connaissances en matière de fabrication de balafon , Maitre Titinga PASSERE qui a un savoir-faire en bendrologie, TINTAMA Kayé qui a un savoir-faire en matière de décoration murale Mastine OUEDRAOGO qui a un savoir-faire en matière de préparation du to de sorgho Ado Gorgo Léontine qui a un savoir-faire en chanson traditionnelle

  • les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers;
  • les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

 

I.9.  Société

 

La société (du latin socius : compagnon, associé) est un groupe d'individus unifiés par un réseau de relations, de traditions et d'institutions. En sciences humaines et sociales, la société se rapporte à l'ensemble des individus qui partagent certaines mœurs et coutumes, ou parfois à ces coutumes elles-mêmes (Wikipédia).

  1. Notion de culture

La culture est une notion polysémique, évolutive et comporte de multiples composantes qui renvoie à des réalités différentes. La culture présente une pluralité de caractères et d’aspects. Toutefois la fonction de la culture n’est pas à démontrer d’où une réelle organisation du secteur.

II.1.                 Caractéristiques de la culture

La culture présente quatre caractéristiques importantes  :

ü  la culture est un ensemble cohérent dont les éléments sont interdépendants;

ü  elle imprègne l'ensemble des activités humaines;

ü  elle est commune à un groupe d'hommes, que ce groupe soit important (les habitants d'un continent) ou très faible (un groupe de jeunes) ;

ü  elle se transmet par le biais de la socialisation. La plupart du temps, cette transmission se fait d'une génération à l'autre par l'intermédiaire des agents de socialisation que sont la famille et l'école, pour ne citer que les plus importants. En ce sens, la culture est un «héritage social ».

II.2.                 Fonctions de la culture

La culture remplit plusieurs fonctions qui font d’elle un élément incontournable de la société. Elle permet de réunir une pluralité de personnes en une collectivité spécifique. La culture remplit aussi, une fonction de formatage des personnalités individuelles. Une culture est en effet comme une sorte de moule dans lequel
sont coulées les personnalités psychiques des individus; ce moule leur propose ou leur fournit des modes de pensée, des connaissances, des idées, des canaux privilégiés d'expression des sentiments, des moyens de satisfaire ou d'aiguiser des besoins physiologiques Il est assez souple pour permettre des adaptations individuelles;



[1]     Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet - 6 août 1982.

[2]    Article 2 de la convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

ü  la convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

I.1.1.     Textes nationaux

  • Textes à caractère spécifique

Il s’agit de textes juridiques qui régissent le secteur de la culture en général.

ü  Décret N° 2005-353/PRES/PM/MCAT portant adoption de la politique culturelle du Burkina Faso ;

ü  Décret n°2005-627/PRES/PM/MCAT/MFB/MESSRS/MATD du 15 décembre 2005 portant conditions de création et classification des musées au Burkina Faso ;

ü  Décret N°2011-1079/PRES/PM/MCT du 30 décembre 2011 portant organisation du Ministère de la Culture et du tourisme.

ü  Arrêté interministériel n°2006-367/MCAT/MFB/SECU/DF du 07 juillet 2006 portant réglementation de l’exportation des biens culturels ;

ü  Arrêté n°2004-651/MCAT/SG/DPC du 02 août 2004 portant inscription de biens culturels sur la liste nationale du patrimoine national ;

ü  Arrêté n°2001-065/MESSRS/SG/CNRST/DG du 28 mai 2001 portant fixation de frais de délivrance et d’une caution pour retrait d’autorisation de recherche scientifique au Burkina Faso ;

  • Textes communs

Il s’agit de textes possédant des dispositions dont on peut se servir pour protéger le patrimoine culturel en général et le patrimoine culturel physique en particulier. L’inventaire de ces textes donne une liste relativement longue et non exhaustive. Aussi, allons-nous nous contenter de quelques exemples pour illustrer nos propos.

ü     La loi n° 005/97/ADP du 30 janvier 1997 portant code de l’environnement ; l’article 57 précise qu’«Il est interdit de détruire les sites, les paysages et les monuments présentant un intérêt scientifique, culturel ou historique. Un décret pris en Conseil des Ministres sur proposition des Ministres concernés et après concertation avec les autorités locales, fixe la liste des sites, paysages et monuments à préserver. Cette liste est revue chaque fois que de besoin »33.

ü     La loi n° 017-2006/AN portant code de l’urbanisme et de la construction au Burkina Faso. Jusqu’à trois articles (69, 140 et 163) affirment la nécessité de préserver le patrimoine culturel physique.

I.2.  Cadre institutionnel

Le ministère est composé de services centraux, déconcentrés que sont les Directions régionales et les Directions provinciales de la culture des arts et du tourisme et des services rattachés. Ce sont :

ü  le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) ;

ü  le Centre national des arts du spectacle et de l'audiovisuel (CENASA) ;

ü  l'Institut supérieur de l'image et du son/Studio Ecole (ISIS/SE);

ü  Le Musée national (MN) ;

ü  le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) ;

ü  l'Office national du tourisme burkinabè (ONTB) ;

ü  le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT);

ü  le Centre régional pour les arts vivants en Afrique (CERAV/Afrique) ;

ü  la Maison de la Culture Anselme Titiama SANON de Bobo-Dioulasso (MCB).

 

 

 

Section 2 : Diversité culturelle

 

Le Burkina Faso est riche de sa diversité ethnique et culturelle. L’on compte une soixantaine de groupes ethniques avec des langues, des coutumes, des rites, des croyances, des valeurs différentes mais souvent complémentaires.

I. Éléments caractéristiques de la culture burkinabè

La culture burkinabè dispose de plusieurs composantes qui incluent entre autres les dialectes de la langue et la langue, les légendes et mythes, la musique, la danse, les croyances, les habitudes alimentaires et vestimentaires, l’habitat, les normes et les valeurs sociales, les traditions, etc. Nous développerons quelques-unes de ces composantes.

I.1.  Peuples du Burkina Faso

Le Burkina Faso compte une soixantaine d'ethnies d'importance démographique inégale. Elles n'occupent pas toujours des aires géographiques précises et sont régies par des systèmes politiques différents[1].

Il est difficile de regrouper toutes ces ethnies en « familles » plus ou moins proches, car chacune a une personnalité propre. Cependant, quelques critères permettent d'associer certaines ethnies dans un groupe plus large. Ce sont entre autres : les familles de langue, les coutumes et traditions, l’organisation sociale, les méthodes de mise en valeur du milieu et l’habitat. On distingue cinq (05) groupes de populations :

ü     Les populations les plus anciennement installées sont entre autres : les Bobo, Bwa, Kurumba, Gourounsi, Pougouli, Sénoufo, Turka, Gouin, le groupe Lobi, les Gan, les Dorosye et les Vigue.

ü     Les populations néo-soudaniennes qui ont formé dans le passé des royaumes puissants se présentent comme suit : les Mossé, Nyonyose, Kurumba, les Gourounsi, Gourmantché, les Yarse, les Songhay.

ü    Les populations mandé, venues de la haute vallée du Niger se composent des Marka, des Samo, des Bisa.

ü     Les populations du Sahel, quant à elles se composent des Peulhs, des Rimaïbe, des Touareg et des Bella.

ü     Deux groupes sont difficilement classables. Ce sont les Dogons et les Syemou.

I.2.  Langues au Burkina Faso

le Burkina Faso abrite une soixantaine d’ethnies qui pratique quatre-vingt et une (81) langues auxquelles s’ajoutent le français, l’arabe et l’anglais.Si l’on considère que les langues sont les principaux véhicules de la pensée et de la culture, alors le Burkina dispose d’une diversité linguistique qui lui permet d’exprimer le monde de plusieurs manières. Cette diversité linguistique mérite d’être sauvegardée. Malheureusement  plusieurs langues du Burkina ont disparu (Yoyoore, et.) tandis que, selon une étude de Gérard KIENDREBEOGO, cinq langues sont en danger de disparition si rien n’est entrepris pour les sauver (le blé, le natioro, le wara, le silanka et le pana). Parmi les langues les plus parlées, on peut citer le moore , le dioula, le fulfulde , le gulmancema , le bisa, le dagara , le san  le lobiri, le lyele et le bobo .

Toutes les langues véhiculent ces valeurs et des visions du monde des peuples qui les ont en partage. Certaines langues de ces populations appartiennent à des groupes linguistiques communs telles les langues nigéro-congolaises (langues gur, les langues mandé et les langues ouest-atlantiques), les langues nilosahariennes (songhaï et zerma) et les langues chamito-sémitiques (haoussa et la tamacek). De nombreux Burkinabè sont polyglottes et sont capables de s’exprimer avec aisance dans plusieurs des langues nationales.



[1]     Stratégie nationale de cohésion sociale, Burkina Faso

ü    des Marka, des Samo, des Bisa.

ü     Les populations du Sahel, quant à elles se composent des Peulhs, des Rimaïbe, des Touareg et des Bella.

ü     Deux groupes sont difficilement classables. Ce sont les Dogons et les Syemou.

I.2.  Langues au Burkina Faso

le Burkina Faso abrite une soixantaine d’ethnies qui pratique quatre-vingt et une (81) langues auxquelles s’ajoutent le français, l’arabe et l’anglais.Si l’on considère que les langues sont les principaux véhicules de la pensée et de la culture, alors le Burkina dispose d’une diversité linguistique qui lui permet d’exprimer le monde de plusieurs manières. Cette diversité linguistique mérite d’être sauvegardée. Malheureusement  plusieurs langues du Burkina ont disparu (Yoyoore, et.) tandis que, selon une étude de Gérard KIENDREBEOGO, cinq langues sont en danger de disparition si rien n’est entrepris pour les sauver (le blé, le natioro, le wara, le silanka et le pana). Parmi les langues les plus parlées, on peut citer le moore , le dioula, le fulfulde , le gulmancema , le bisa, le dagara , le san  le lobiri, le lyele et le bobo .

Toutes les langues véhiculent ces valeurs et des visions du monde des peuples qui les ont en partage. Certaines langues de ces populations appartiennent à des groupes linguistiques communs telles les langues nigéro-congolaises (langues gur, les langues mandé et les langues ouest-atlantiques), les langues nilosahariennes (songhaï et zerma) et les langues chamito-sémitiques (haoussa et la tamacek). De nombreux Burkinabè sont polyglottes et sont capables de s’exprimer avec aisance dans plusieurs des langues nationales.

 

II. Traditions et manifestations culturelles

Les traditions africaines bien qu’ayant été mises à rude épreuve, du fait de l’esclavage et de la colonisation, ont cependant réussi, pour la plupart, à être conservées. Pour leurs populations, elles représentent une véritable quête d’une identité propre. Au Burkina, la tradition se manifeste de plus en plus, par une reconnaissance des peuples à travers les rituels hérités des ancêtres et transmis aux nouvelles générations. Parmi ces rituels, on distingue :

II.1. Coutume et mythologie

 Funérailles

Les rituels les plus récurrents en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier concernent les funérailles. Véritables moments de communion avec les disparus, elles sont souvent un moment de recueil mais aussi de méditation sur la vie après la mort.

Les funérailles sont donc une sorte de cérémonie d’accession à cet état et doivent se dérouler dans le plus grand respect de la tradition. Ce n’est qu’à la fin de la cérémonie que le défunt est réincarné sous une forme quelconque et peut devenir, à son tour, une divinité.

II.1.2. Masques

Chaque ethnie présente au Burkina Faso possède ses propres coutumes et masques. Les masques les plus connus sont utilisés pour les grandes fêtes et leurs cérémonies peuvent avoir lieu plusieurs fois dans l’année, comme pour célébrer la fin des récoltes ou le début de la saison des pluies. Contribuant à la cohésion sociale de la communauté, ils sont visibles par tous y compris les étrangers. D’autres masques sont quant à eux réservés aux rites funéraires ou aux initiations. Leur usage est alors tenu secret par les castes avisées de la société traditionnelle à laquelle ils appartiennent. Il existe deux types de masques en fonction de leur origine à savoir les masques traditionnels dotés de pouvoir mystiques et utilisés pour les cérémonies et les rites des ethnies burkinabé, et les masques artistiques (objets d’art) produits dans un but commercial. Ces derniers ne répondent pas aux mêmes critères de fabrication et sont dénués de pouvoirs mystiques.

II.1.3. Lutte traditionnelle

Au Burkina Faso, plusieurs populations dont les Moose, les Lyèla, les Nuna, les Winiéma, les Bobo, les Bwaba, les Marka, les Gurmanceba et les San pratiquent la lutte. Mais c’est chez les San que la lutte est la plus importante. Elle est organisée généralement pendant la saison sèche, du mois d'octobre au mois d'avril. Elle possède différents noms et significations selon le village où elle est pratiquée.

II.2. Identités culturelles

Elles impliquent des éléments qui permettent de reconnaître l’appartenance d’un individu à un groupe ethnique par des signes visuels ou des habitudes.

II.2.1. Scarification identitaire

La scarification identitaire est aussi une tradition très ancrée dans la culture des ethnies du Burkina. Elle existe chez la plupart des peuples du pays. On la retrouve en effet chez les Mossis, les Gourmantchés, les Goins, les Turkas, les Gourounsis, les Samos… En effet, la scarification est pratiquée par tous les peuples du Burkina Faso, mais pas pour les mêmes raisons. Chez les Dagaras par exemple, les scarifications sont pratiquées, à des fins thérapeutiques, autour du nombril, sur la poitrine ou sur la joue. Tous ceux qui portent les noms Der (pour les garçons) et Youara (pour les filles) sont marqués d’une scarification sur la joue, censée décourager la mort.

Chez les Peuls, la scarification est esthétique, même si elle répond à d’autres fonctions. Appliquées sur le dos, le ventre, mais le plus souvent sur le visage, les cicatrices définissaient l’appartenance ethnique. A l’origine, la scarification avait un caractère distinctif et permettait de donner une identité à l’individu.

De plus en plus, rares, ces cicatrices, symboles d’une autre époque sont devenues obsolètes, considérées aujourd’hui comme des mutilations qui n’ont pas raison d’être et qui nuisent à l’esthétique facial.

II.2.2. Rites d’initiation et fêtes culturelles

Au Burkina Faso, toutes les ethnies dans leur majorité considèrent les rites d’initiations comme un rituel générationnel, au-delà, une école pour les adolescents. Ces rites d’initiation se font généralement à l’occasion de la circoncision.

Elle concerne les enfants de la même promotion, en âge de comprendre les enseignements, entre 14, 15 et 16 ans.

Les initiés passent des semaines, voire des mois dans un isoloir, souvent hors des habitations, où les nuits sont animées de contes et légendes. Une grande fête avec des danses et de la musique traditionnelle est organisée au cours de l’initiation. Une deuxième fête est organisée à la fin de l’initiation pour une bonne partie des groupes ethniques. A la suite de ce processus, les enfants regagnent le domicile de leurs parents devenus adultes.

Un enfant initié entre dans la case des grands et commence à prendre ses responsabilités de la vie pratique. Après le séjour dans ce rite d’initiation, l’enfant quitte sa mère pour rejoindre son père où il va assumer les responsabilités d’adulte.

Pendant ce long séjour également, la capacité intellectuelle, physique et morale de l’enfant a été testée. Le reste des lacunes sera réglé par les épreuves orales, contes, légendes et proverbes.

Parmi les fêtes culturelles, la plus importante est la fête des récoltes partagée par plusieurs ethnies au Burkina Faso. Célébrée chaque année sous le nom de « Nabasga » chez les mossi, le « dilimbou » chez les gourmantché, le « widizon » chez les samo,  elle est une occasion pour le roi ou le chef de terre d’autoriser coutumièrement la consommation de la nouvelle récolte. La fête est marquée par des séries de danses, de sacrifices, d’offrandes aux ancêtres pour la réussite de la campagne agricole.

II.2.3. Mariage traditionnel

ü  Dot

La dot est une institution qui existe dans de nombreuses sociétés africaines. Elle constitue en réalité le mariage coutumier ou traditionnel. La dot consiste pour la famille du fiancé à offrir à la famille de la fiancée, lors d’une cérémonie solennelle, un ensemble d’objets et de cadeaux en espèces ou en nature et d’accomplir certains rituels afin d’unir les futurs époux. La dot est un symbole d’alliance entre les familles. La femme devient épouse lorsque la dot est versée partiellement ou intégralement. Elle occupe ainsi une place importante puisqu’elle scelle définitivement le mariage. Elle permet de rendre le mariage « légal » aux yeux de la communauté, notamment en milieu rural.

ü  Cérémonie du mariage traditionnel

Cet évènement se présente comme fondamental de l’union entre deux personnes pour la famille burkinabé. Le mariage traditionnel est l’union entre deux familles et non entre deux individus. Par conséquent, le prétendant et la future épouse ne prennent aucune décision et n’interviennent aucunement lors de ladite célébration.

II.3. Manifestations culturelles au Burkina Faso

Le Burkina Faso est un carrefour de grandes rencontres culturelles de renommée internationale. Parmi ces grandes manifestations, nous pouvons retenir, entre autres :

  Semaine Nationale de la Culture (SNC);

  Rendez-Vous Chez Nous;

  Festival des Masques et des Arts (FESTIMA);

  Festival de Danse du Warba;

  Nuits Atypiques de Koudougou (NAK);

  Festival Jazz À Ouaga;

  Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO);

  Festival International de Théâtre pour le Développement (FITD);

  Festival du Chameau, des Arts et de la Musique du Sahel (FESTI-CHAMS);

  Festival WÉD-BINDÉ de musique et de danse traditionnelles ;

  Festival Dilembu du Gulmu (FESDIG);

  Festival international de contes et arts du récit (Festival YELEEN);

  Festival Culturel et Hippique de Barani, (FECHIBA) ;

  Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO) ;

  Kundé d’or.

Section 3 : Parenté à plaisanterie

 

Pour construire la paix et le vivre ensemble, il a fallu mettre sur pied des institutions sociales dynamiques parmi lesquelles la parenté ou l’alliance à plaisanterie. La parenté et l’alliance à plaisanterie se présente comme un véritable mécanisme endogène de promotion des valeurs de tolérance et de paix mais aussi de prévention et de gestion des conflits sociaux.

  1. Définition et origine

I.1. Parenté

C’est une relation ou un lien qui se construit par la naissance ou par l’adoption. Loin d’être une simple question de consanguinité, la parenté construit la famille qui va des grands-parents aux arrière-petits-enfants, sans oublier les membres des belles-familles. La parenté construit également des identités et induit des droits et devoirs. La parenté implique pour les parents de cultiver l’amour et l’entraide et de s’abstenir de toutes formes de violences injustifiées.

I.2. Parenté à plaisanterie 

Elle renvoie à un lien de consanguinité contracté par le mariage entre deux groupes ou deux familles, à l’intérieur d’une famille (grand-père/petit-fils).

I.3. Alliance à plaisanterie

L’alliance à plaisanterie ("sinanguya’’ en malinké, ‘’dakiire’’ en mooré) établit un lien (alliance) entre deux groupes, deux villages, deux quartiers, deux régions, deux ethnies par le biais des ancêtres qui ont scellé un pacte sacré basé sur des relations amicales assorties des liens de non- agression, d’assistance mutuelle, de respect et de solidarité.

I.4. Origine de la parenté à plaisanterie

La plupart des auteurs qui ont écrit sur la pratique ne donne pas avec précision ses origines. Néanmoins il ressort des différents travaux de recherche que les alliances et les parentés à plaisanteries proviennent des faits historiques, des raisons matrimoniales, des causes gustatives, des pactes secrets, du vol et de la guerre à l’issue desquelles un pacte sacré fondé sur des relations amicales, des liens de non-agression, de respect, de solidarité et d’assistance mutuelle a été scellé par des ancêtres. C’est l’exemple de l’alliance à plaisanterie entre Samo et Mossi, entre Gurunsi et Bisa, entre Peul et Bobo, etc.

  1. II.             Typologie et manifestations de la parenté à plaisanterie au Burkina Faso

 

II.1. Formes d’alliance et de parenté à plaisanterie

Type

Acteurs concernés

A l’intérieur d’une famille

ü  les petits fils et les grands parents

ü  les neveux et les tantes

ü  les belles sœurs et les frères des époux

Entre les alliés

ü  entre deux ethnies

ü  entre deux villages

ü  entre deux quartiers

ü  entre deux régions

ü  entre des patronymes

ü  entre deux clans

Entre personnes de même génération

-les anciens entre eux
-les jeunes
- les personnes de la même corporation
-les personnes de la même promotion d’étude

 

 

  1. III.            Fonctions ou rôles de la parenté à plaisanterie

Rôle de régulateur des tensions sociales et de promotion de la paix

Portée éducative de la parenté et de l’alliance à plaisanterie

 

  1. IV.           Stratégie de promotion de la parenté à plaisanterie

 

-          Intensifier les actions de sensibilisation sur la thématique dans les familles, les écoles et universités, dans les médias ;

-          Promouvoir les manifestations de valorisation de la pratique au niveau interethniques, inter-villages et inter-régions ;

-          Instituer l’organisation d’un dialogue intergénérationnels sur la pratique de la parenté et de l’alliance à plaisanterie au cours de la semaine nationale de la culture ;

-          Prendre en compte la parenté et de l’alliance à plaisanterie dans les savoirs endogènes dans les nouveaux curricula ;

-          Instituer une journée nationale de la parenté à plaisanterie ;

-          Encourager la production littéraire sur la pratique ;

-          Susciter la création d’autres OSC pour la promotion de la pratique  à l’exemple  du Festival international des alliances et parentés à plaisanterie de Ouagadougou (FIAPPO) , etc.

Section 4 : Religions, valeurs culturelles et sexualité

 

  1. Définition des concepts

I.1. Religions

Il n’y a pas de définition de la religion qui fasse l’unanimité des chercheurs, Jean-Paul Willaime (2012). Selon l’Encyclopédie Universalis[1], c’est l’ensemble des croyances, des rituels, des dogmes régissant le rapport de l'homme et de la divinité (ou des divinités). C’est une croyance humaine à ces rituels et dogmes, ou encore attitudes qui découlent de cette croyance. Deux hypothèses interviennent à propos de l’étymologie du mot « religion ». Pour certains, comme Cicéron (106-43 av. J.-C.), il viendrait du latin religere, qui signifie « relire attentivement », « revoir avec soin ». Pour d’autres, le mot trouverait son origine dans un autre verbe latin, religare, signifiant « relier ». La première hypothèse met l’accent sur le scrupule, le soin méticuleux que l’adepte d’une religion met dans sa pratique, dans les rites auxquels il participe. La seconde valorise plutôt la fonction de la religion.

I.2. Sexualité

Le terme sexualité  englobe les phénomènes de la reproduction biologique des organismes, les comportements sexuels permettant cette reproduction, et enfin les nombreux phénomènes culturels liés à ces comportements sexuels. Au Burkina Faso, la sexualité est sacrée du point de vue religieux.

Dans la religion traditionnelle, plusieurs normes et règles encadrent la sexualité au sein des différents groupes ethniques. La sexualité est intégrée dans des relations sociales de groupe et ne se limite pas à deux individus.

Dans le christianisme, on peut retenir trois (03) caractéristiques essentielles qu’offre la sexualité humaine. La première, est le fait que la sexualité est bonne et ce malgré la prudence qu’il convient de garder envers les désirs de la chair. « Que tu es belle, mon amie, que tu es belle, [...] Que mon bien-aimé entre dans son jardin, et qu’il en mange de ces fruits excellents ! » (Cantique des Cantiques. 4 :1 ;16). Les termes employés décrivent aussi, la manière dont l’éducation sexuelle se pratique et doit se pratiquer sur le plan religieux. La seconde va du postulat que la sexualité est promesse de bonheur « L’Eternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » (Genèse. 2 :18). En troisième lieu, on note la complémentarité de l’homme et de la femme comme Dieu l’a voulu. (Genèse. 1 :27).

En Islam, les commentaires du Coran, les hadiths, ainsi que des « théologiens de l’amour » ; Malek CHEBEL, considère qu’il existe une véritable science arabo-musulmane de la sexualité. La fonction sexuelle réside dans la reproduction/procréation bien que ce ne soit pas la seule finalité. Le plaisir a une grande importance.

I.3. Valeurs

Les valeurs sont « les attendus de nos actions ». Ces derniers peuvent se manifester à travers un objet (argent), un comportement (fournir un effort) ou un principe abstrait (honneur) auxquels un individu, un groupe ou une société attribue une préférence. A l’instar des normes, les valeurs s’ordonnent en systèmes qui se veulent cohérents. D’où la distinction entre système de valeurs bourgeois, ouvrier, paysan, etc. Le bourgeois n’a pas la même morale ni le même goût que l’ouvrier. Le terme valeur peut renvoyer à une certaine « morale » qui ne colle pas avec la position des droits humains et du respect des cultures. Ici nous parlerons donc des valeurs au sens de l’éthique, dans leur dimension positive.

I.4. Valeurs culturelles

 

Elles sont celles qui représentent un ensemble de croyances, de langues, de coutumes, de traditions et de relations qui identifient une société ou un groupe de personnes.

I.5. Valeurs partagées par les sociétés Burkinabè

 

Il existe au Burkina Faso, une sorte de base commune en matière de comportement. Dans toutes les contrées du pays, on retrouve des valeurs similaires. Les valeurs que l’enquête de terrain (Ministère en charge de la culture, 2017) a permis de répertorier comme étant des valeurs importantes pour les populations se retrouvent dans tous les espaces géographiques du pays. 

Quelques valeurs

culturelles:

Respect,

Solidarité,

Tolérance,

Intégrité,

Ardeur au travail,

Honnêteté,

Fraternité,

Courage,

Hospitalité,

Humilité,

Honneur,

 Sobriété,

Altruisme.

I.6. Sexualité humaine 

Elle présente les différentes valeurs et modèles normatifs de la sexualité, les analyses de ces normes et valeurs, et l'influence structurante des normes et valeurs sur la sexualité.

La culture est une caractéristique majeure de l'espèce humaine. L'étude des phénomènes culturels de la sexualité (modèles normatifs, valeurscroyances…) est une des clés de la compréhension de la sexualité humaine.

Suivant les sociétés, les normes sexuelles se construisent à partir de  critères magiquesreligieuxmoraux, sociaux, affectifs, comportementaux ou médicaux. Puis, en fonction de ces normes, les activités érotiques sont fréquentes ou rares, certaines activités érotiques seront interdites ou considérées comme inappropriées (sodomie, activités sexuelles avec les divinités, cunnilingus, baiser…).

Bien que la sexualité puisse être très différente d'une société à une autre, la sexualité de la quasi-totalité des individus est conforme aux normes de leur groupe social, ce qui montre l'influence majeure et structurante du contexte culturel sur la sexualité humaine.

 

  1. Cadre d’expression et d’éducation à la sexualité

 

On trouve dans les religions aussi bien traditionnelles que révélées des cadres on l’on fait l’éducation sexuelle.

II.1. Rites d’initiation

Parmi les rites d’initiation qu’on observe au sein des groupes ethniques au Burkina Faso, figure la circoncision (Keogo chez les moose ou Ciagu chez les gourmantchés). Elle intervient généralement à l’enfance ou à l’adolescence pour les garçons et concerne les enfants de la même promotion, en âge de comprendre les enseignements. Les initiés passent des semaines, voire des mois loin des parents, et hors des habitations où les nuits sont animées de contes et légendes. C’est aussi le lieu d’apprentissage des métiers, des valeurs sociales fondamentales pour leur passage à l’âge adulte, les rapports sociaux entre femmes et hommes. A la suite de ce processus, les enfants regagnent le domicile de leurs parents devenus adultes. Un enfant initié entre dans la case des grands et commence à prendre ses responsabilités de la vie pratique. Il doit avoir un comportement responsable envers le sexe féminin une fois initié. Après le séjour dans ce rite d’initiation, l’enfant quitte sa mère pour rejoindre son père où il va assumer les responsabilités d’adulte. Pendant ce long séjour également, la capacité intellectuelle, physique et morale de l’enfant a été testée. Le reste des lacunes sera réglé par les épreuves orales, contes, légendes et proverbes.

 

II.2. Camps, séminaires et retraites spirituelles

Dans les religions révélées comme l’Islam et le Christianisme, on retient la tenue périodique des camps, séminaires et retraites spirituelles au profit des jeunes. Ces cadres constituent des moments d’enseignement, des débats interactifs, d’écoute et de partage sur diverses thématiques y compris la sexualité. C’est aussi le cadre où les jeunes ont en face d’eux des adultes en qui ils peuvent se confier, partager leurs préoccupations, et recevoir leurs conseils et expériences sur les défis liés à l’adolescence et à la jeunesse. Pendant toute la durée du camp ou du séminaire, les jeunes apprennent aussi à prier et à méditer les Saintes Écritures pour mieux apprendre à vivre leur foi.

 

  1. Raisons d’être de la sexualité dans le mariage

La sexualité a un rôle important et s’exprime dans le cadre du mariage. On peut retenir deux grandes raisons d’être de la sexualité : elle contribue à l’accomplissement de l’amour dans le couple, et permet la procréation. (D. SHU, 2005).

 

III.1. Accomplissement de l’amour

« Pour y parvenir, chaque partenaire doit tirer une satisfaction affective, physique, psychologique et spirituelle ». (D. SHU 2005 : 214)

ü  La sexualité renforce l’amour dans le mariage ;

ü  Elle est épanouissante ;

ü  Elle procure un sens d’unité ;

ü  Elle aide le couple à se connaître de manière intime et réciproque.

 

III.2. Procréation

La fonction de procréation tient au fait que Dieu a demandé à l’homme et à la femme de procréer afin de perpétuer l’espèce humaine. La procréation passe nécessairement par l’accouplement sans que l’acte sexuel n’ait toujours pour but de procréer. Elle doit se faire dans un cadre sécurisé qui permette une bonne éducation de l’enfant. Aussi bien chez les pratiquants des religions traditionnelles que chez les adeptes des religions révélées, le mariage reste la norme, le seul cadre idéal pour la procréation, et partant, pour la sexualité. En dehors du mariage, c’est l’abstinence qui est préconisée.

 

  1. Conseils pour la gestion de la sexualité des adolescents et jeunes

V.1. Soyez heureux de votre sexualité

Que vous soyez du sexe masculin ou féminin ; soyez fier (e) de votre sexualité. Les sensations sexuelles peuvent être actuellement des sources de frustration pour vous, parce que vous ne pouvez pas les satisfaire mais lorsque vous serez marié (e), vous serez heureux/heureuse de les avoir. N’ayez donc pas honte de votre sexualité, c’est un don de Dieu. Posez des questions et recherchez des conseils qui vous aideront à gérer les vagues de désirs sexuels auxquels vous êtes confronté (e).

V.2. Faites régulièrement du sport

Le sport est une bonne méthode pour évacuer les excès d’énergie sexuelle. Les jeunes doivent faire l’effort de pratiquer leurs sports favoris. Ceux qui n’ont pas de repère croient que le sexe est la meilleure voie pour consumer cette énergie mais si vous vous occupez à faire du sport, vous n’aurez pas le temps d’être obsédé par le sexe ;

V.3. Ayez une distraction

Si vous n’aimez pas le sport ou si vous ne pouvez pas le faire, il est conseillé d’avoir quelque chose que vous aimez faire : le théâtre, la musique, la lecture, la couture, la menuiserie. Le bénévolat dans un orphelinat, une prison, une église, une mosquée ou chez les personnes âgées peut développer votre compassion pour les autres et détourner vos pensées du sexe. Les jeunes qui font preuve de responsabilité occupent leur temps à préparer leur avenir ;

V.4. Faites part de vos sentiments à vos parents ou mentors,

Il est toujours bien de bénéficier de l’aide des parents quand on se retrouve face à des situations ou des sujets difficiles à traiter mais si vous prétendez que tout va bien, personne ne pourra vous aider. L’ignorance peut quelquefois conduire au désastre.

V.5. Apprenez à vous maîtriser,

Le désir sexuel est quelque chose que Dieu a placé dans chacun de nous. Si vous décidez de demeurer chaste en faisant de cela un code de conduite jusqu’au mariage, vous y arriverez. La détermination est l’élément fondamental du processus. Le jeûne peut vous permettre de discipliner votre corps. Il vous entraîne à vous priver des plaisirs de la chair... On a besoin de la maîtrise de soi pendant toute la vie. Pour y parvenir certaines règles doivent être rigoureusement respectées. Éviter certaines situations compromettantes tels :

  • Se retrouver seul avec une personne de sexe opposé aux moralités douteuses ;
  • Choisissez vos amis avec beaucoup de soin

L’écrivaine Stella Okoronkwo raconte : « quand j’avais 14 ans, j’avais une amie qui aimait toujours parler des garçons. Elle me disait que j’étais très belle mais que j’étais stupide de ne pas avoir de copain. Je ne savais pas ce que signifiaient toutes ces histoires de garçons. Chaque fois qu’elle me voyait, elle disait : « avec cet habillement, tu vas faire un malheur ». Dans mon innocence, je me demandais ce qu’elle voulait dire. C’est plus tard que j’ai commencé à comprendre son langage dépravé qui commençait à déstabiliser mon esprit. Elle m’a même présentée à son cousin pour que nous soyons amis. Il était beau. Mais certaines personnes de mon entourage m’ont mise en garde quant aux dangers de ce genre de relations à un si jeune âge. Après quelques mois, nous avons perdu tout contact pour toujours à la gloire de Dieu ». En tant que jeunes, vous devez apprendre à choisir vos amis avec précaution. L’adage dit : dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. Autrement dit, « Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs ».1Corinthiens 15 : 33.

  • Habillez-vous avec décence

Quelque fois, les vêtements peu convenables peuvent amener certains jeunes gens à se tromper sur votre compte et vous prendre pour une mauvaise personne et vous faire des avances. Les filles doivent éviter de porter des habits qui laissent voir leurs cuisses, leur ventre ou de vêtements qui sont si moulants qu’ils les présentent pratiquement nues.

  • Évitez d’accepter des cadeaux de n’importe qui

La vie de plusieurs filles a été gâchée parce qu’elles ont accepté de recevoir des cadeaux tels que des parfums, du chocolat et de l’argent de la part de personnes du sexe opposé. Il n’y a pas que les filles qui ont été prises à ce piège. Les cadeaux ont aussi été utilisés par des personnes plus âgées pour attirer des garçons dans l’homosexualité.

  • Lisez de bons ouvrages qui éduquent, regardez de bons films qui édifient et écoutez de la bonne musique

 

Il existe beaucoup de bons ouvrages qui contiennent de bonnes leçons. Il y’a aussi beaucoup de livres romantiques qui délivrent des leçons immorales. Cela s’applique aussi aux films que nous regardons de nos jours au cinéma ou à la maison. Ils sont destinés à nous divertir mais beaucoup de ces films sont conçus pour corrompre et altérer les systèmes de valeur (violence, sexualité et occultisme). La musique est une autre porte d’accès que le diable et ses agents utilisent pour polluer votre esprit. Aujourd’hui, la musique est remplie d’incantations et de paroles qui encouragent les jeunes au suicide ou à la sexualité.

  • Prenez la décision ferme d’obéir à Dieu plutôt qu’à l’être humain

« …Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices… » 1 Samuel 15 :22. Vous devez obéir à la parole de Dieu qui dit que vous devez fuir la fornication. Il dit que c’est une abomination à ses yeux ou qu’il interdit à ses enfants de la commettre. Même si quelqu’un promet de vous épouser et qu’il vous demande de prouver votre amour, d’abord par l’acte sexuel, dites-lui : « non Monsieur, conduisez-moi d’abord devant l’autel. Si vous ne croyez pas en mon amour maintenant, il est possible que vous n’y croyiez pas non plus même si je couche avec vous ». En effet, c’est un piège pour voir si vous êtes une fille facile. Dès que vous serez tombée, vous ne vaudrez plus rien à ses yeux.

Par ailleurs, le non-respect de ces valeurs et principes conduit à des déviations qui vont à l’encontre des valeurs morales, éducatives et religieuses. Ces pratiques sont répertoriées dans la catégorie des déviances sexuelles, et considérées comme des pratiques sexuelles immorales.

 

 

 

 

 

 

OBJECTIF D’APPRENTISSAGE

A la fin de cette session, les apprenants doivent être capables de lutter contre les violences sous toutes ses formes.

OBJECTIFS D’APPUI

  • Définir la violence,
  • Citer les différentes formes de violences,
  • Énumérer les causes de la violence,
  • Citer les conséquences de la violence.

 

LES FORMES DE VIOLENCES ET LA PREVENTION DES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

INTRODUCTION

La violence peut être définie comme l'utilisation volontaire de la force (ou menace de force) contre une personne, un groupe social ou une communauté. La violence est souvent utilisée comme un moyen de contrôler une autre personne, d'avoir un pouvoir sur elle. Les violences se manifestent sous plusieurs formes et sont influencées par les contextes socio-culturels, politiques et juridiques.

Définition générique de la violence

Selon l’OMS, la violence c'est l’usage délibéré de la force physique, contre une autre personne, un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fort d’entraîner un décès, un traumatisme.

Différentes formes de violences

 

Les violences physiques

Étouffer, frapper, gifler, pousser, étrangler, bruler, brutaliser, pincer, refuser à quelqu’un de rentrer dans sa maison, arracher les cheveux, verser de l’acide sur quelqu’un.

 

Les violences verbales

S’insulter, injurier, discrimination,

Les moqueries ou humiliations, les menaces, le chantage émotionnel, le dénigrement ou le rabaissement.

 

Les violences sexuelles

Une fille de quatorze ans est donnée en mariage

Un jeune homme tripote les fesses des jeunes filles de son service

Un homme ordonne le rapt d’une jeune fille avec le consentement des parents

 Une fille conformément à leur tradition a subi les rites initiatiques de scarification

Une veuve a été obligée de se marier avec le petit frère de son mari décédé

 Imposer un rapport sexuel à sa femme

Déni d’opportunité ou de services

 Refuser à quelqu’un d’avoir accès aux soins de santé

 Empêcher quelqu’un d’utiliser une méthode contraceptive

Refuser l’héritage à un ayant droit

Refuser à quelqu’un d’avoir accès à l’information

Refuser à quelqu’un d’avoir accès à une source de revenu

VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

Notion de Violences Basées sur le Genre

C'est tous actes de violences dirigées contre une personne du fait de son sexe et de son appartenance à une couche sociale donnée, pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques.

Exemples de Violences Basées sur le Genre

Exemple de quelques violences basées sur le genre :

  • une fille de quatorze ans est donnée en mariage,
  • imposer un rapport sexuel à sa copine/femme,
  • trafic Humain : proxénétisme, travail des enfants,
  • excision féminine,
  • viol,
  • refus de la paternité,
  • refuser à sa fille/femme d’avoir accès aux méthodes contraceptives,
  • refuser à sa fille/femme d’avoir accès aux informations liées aux méthodes contraceptives, etc.

NB : Toutes les violences basées sur le genre sont des violences mais toutes les violences ne sont pas des violences basées sur le genre.

Exemple : Une fille voleuse est battue dans un quartier par les garçons

 

FACTEURS DE RISQUE ET LES CONSEQUENCES DES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE

Conséquences des VBG, dispositifs de prise en charge et de lutte

Sur le plan physique : Brûlures - avortements, accouchements difficiles, troubles menstruels et gynécologiques, fistules, incontinence urinaire, Traumatismes, etc.

Sur le plan psychologique : la nervosité, la perte d’estime de soi et de confiance en soi, l’incapacité de prendre des décisions autonomes, sentiment d’infériorité, la dépression, Troubles mentaux, Etat suicidaire allant jusqu’au passage à l’acte, etc.

Sur le plan psychosomatique : Maux de tête, palpitation, troubles de l’alimentation, désordre psychosomatique, etc.

Sur le plan économique : Perte de la capacité de travail, mauvais rendement professionnel, pertes économiques, pertes d’emplois, baisse des revenus familiaux, précarité absolue, etc.

Sur le plan familial et social : Perte d’autorité, agressivité envers les enfants, agressivité des enfants, déperdition scolaire, délinquance des enfants, Immixtion de la belle famille, Abandon à l’alcool et à la drogue, etc.

Sur la santé : les grossesses non désirées, les avortements clandestins et à risques, Traumatismes physiques et mentaux dus aux sévices sexuels, les accouchements difficiles, la contamination des MST/VIH/SIDA ou même le décès.

Les actions de lutte contre les violences

En cas de violence, trois actions importantes sont à faire :

  • Parler – Réagir et Agir
  • La victime de violence doit parler de sa situation pour avoir une aide, une assistance, un accompagnement psychologique et juridique ;
  • Faire une déclaration dès que possible au commissariat ou à la gendarmerie le plus proche ;
  • Porter plainte auprès de la justice.

Les techniques d’autodéfense les plus connues sont les arts martiaux qui permettent :

  • Apprendre à dire non : Le dire fortement, clairement, le dire avec tout son corps. Dire ce que l’on exige avec des mots justes et précis :

- « Tu as la main sur ma cuisse, lâche ma cuisse » au lieu de « lâche-moi »,

- Mettre des limites. C’est dire non,

- Dire stop.

 

CONCLUSION

  • La violence peut être définie comme l'utilisation de la force (ou menace de force) délibérée contre un individu, un groupe social ou une communauté. Elle est souvent utilisée comme un moyen de contrôler une autre personne, d'avoir un pouvoir sur elle.
  • Il existe différentes formes de violences dans nos communautés à savoir : les violences physiques, verbales, psychologiques, sexuelles, économiques et institutionnelles (Déni d’opportunité ou de services).
  • Les violences basées sur le genre sont des violences que la société inflige à une personne en fonction de son sexe, de son statut social, de son état physique ou de son origine sociale. Les violences basées sur le genre sont des violences mais toutes les violences ne sont pas des violences basées sur le genre.
  • Les individus peuvent également recourir à la violence pour faire valoir leur avis ou leurs décisions, ce qui rend presque impossible la communication entre les partenaires sur l'utilisation de la contraception, la gestion du sexe et le VIH/Sida, etc.

 

🎓 Bravo!

Vous êtes arrivé au bout du parcours en Éducation Sexuelle Complète !


Vous avez maintenant des clés essentielles pour mieux comprendre votre corps, vos droits, vos relations et les choix qui vous appartiennent.
Souvenez-vous : s’informer, c’est se protéger. Et en parlant avec respect, en écoutant sans juger, on participe à un monde plus juste, plus inclusif et plus sain pour tous.


Merci pour votre engagement… et surtout, continuez à apprendre, à questionner et à faire entendre votre voix !

 

 

 

Pratiques culturelles : avantages et inconvénients ⚖️

  • Avantages : Renforcement du sentiment d’appartenance, transmission des valeurs, cohésion sociale.
  • Inconvénients : Certaines pratiques peuvent limiter les droits fondamentaux, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive (SDSR), par exemple les mariages précoces ou certaines croyances limitant l’accès à l’information et aux soins.

Lien avec la Santé et Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR)❤️

La culture influence fortement la perception de la sexualité, de la reproduction et des droits qui y sont liés.
Comprendre la culture est essentiel pour promouvoir :

  • Le respect du consentement
  • Le droit à l’information et à l’éducation sexuelle
  • L’accès aux services de santé adaptés
  • La lutte contre les pratiques nocives

Cela contribue à protéger les jeunes et à garantir leur bien-être et leur autonomie.

En résumé

La culture est un pilier fondamental de notre vie sociale. Elle façonne nos comportements, nos croyances et nos choix, y compris ceux liés à la santé sexuelle et reproductive. Connaître et respecter cette culture est un pas essentiel vers la promotion des droits et de la santé des jeunes.

Conclusion

Tu as des droits sexuels ou génésiques. Ces droits te permettent de faire des choix libres et éclairés sur ton corps, ta santé, ta sexualité et ta vie reproductive, sans pression ni jugement.

Même si ces droits sont reconnus dans le monde entier, dans la réalité, de nombreux obstacles existent encore : manque d’information, tabous, normes sociales. Cela peut rendre les choses plus compliquées, mais ce n’est pas une fatalité.

Si tu travailles avec d’autres jeunes ou que tu veux simplement mieux comprendre ces sujets, rappelle-toi qu’écouter, informer sans juger et respecter les parcours de chacun·e est essentiel.

Connaître tes droits et apprendre à les exercer peut transformer ta vie. Cela t’aide à te sentir plus confiant·e, à faire des choix pour toi-même et à mieux prendre soin de ta santé.

🙌 Tu mérites d’être informé, respecté et soutenu, peu importe d’où tu viens ou ce que tu as vécu. Et chaque pas que tu fais compte.

 

Bravo!

Vous avez terminé le module sur la Citoyenneté sexuelle, les Droits humains et les Droits sexuels !

Connaître ses droits, c’est le premier pas pour mieux se protéger, faire des choix éclairés et défendre l’égalité pour tous.


👉 Prêt pour la suite ?

Dans le prochain module, nous parlerons de plaisir et épanouissement sexuel. À tout de suite !